Les rêveries d'un promeneur en Bretagne

 

 

le jusant de l'empire

 

 

Ceci est le premier chapitre d'un roman dans l'action se situe au Vem siécle, moment où l'Armorique s'est transformé en Bretagne.
A travers une énigme policiére, on voit comment a pu se dévelloper sur le terrain, au niveau le plus local, la main mise des peuples de l'île de Bretagne sur la péninsule armoricaine.
C'est un monde alors en pleine mutation, où les peuples se mélangent, où l'avenir est incertain et imprévisible.
Bref, c'est un monde où les gens sont confrontés à des problémes et se posent des questions, qui, par bien des points et sur le fond ne nous sont pas étrangers.
Ainsi, peut-être, ces lointains ancêtres ont-ils à nous enseigner pour notre futur !

 

 

 

 

CHAPITRE I

C'était une brise légère , ridant le Léguer, fleuve du nord de l'Armorique.
Le soleil n'indiquait pas encore midi.
L'air printanier était doux. Des tempêtes d'hiver et de leurs souffles glacées ne restaient plus que de lointains souvenirs effrayants.
Le bateau glissait lentement, poussé par son unique voile carrée à peine gonflé.
Ce n'était pas un gros navire, guère plus de cinquante pieds.
Large et ventru, sa forme évoquait un croissant de lune avec une proue et une poupe également relevé.
Une douzaine de personnes s'entassaient dans ses flancs : hommes, femmes enfants. Mais aussi toute une ménagerie : caisse de volailles,quelques moutons et un couple de boeufs. Pas d'espace inoccupé : caisses, tonneaux, sacs comblaient les vides.
Venant du Nord-Est, ils arrivaient par le travers de la baie, serrant la cote à bâbord.
Une multitude d'îles, la plupart minuscules, masquaient l'approche du continent.
D'innombrables récifs de roches rouges perçaient le bleu-vert de la mer. Certains ne se laissaient deviner que par la frange d'écume qui moussait au ras de la surface.
A l'évidence, naviguer dans ces eaux demandait une grande expérience et une parfaite connaissance du pays.
La baie formait un U dont une des branches aurait été coupé juste après la courbe.
A tribord, la côte Nord de l'Armorique s'offrait au regard dans sa presque totalité jusqu'à l'horizon.
Le ciel lumineux, juste pommelé de quelques petits nuages blancs vers l'Est, vers l'intérieur du continent, et l'air exceptionnellement clair, libre des brumes habituelles ici, permettaient aux passagers du bateau de comprendre l'immensité du pays où ils allaient aborder.
Mais aussi son aspect sauvage.
Au plus proche, la cote rocheuse, soulignée par l'écume des vagues, précédait la forêt. Au delà, dans le lointain, ce n'était qu'un mur vert sombre continu où butait le regard;
Aucun village, aucune habitation apparente. Seules quelques fumées dans l'intérieur des terres s'élevaient droites dans le bleu du ciel, laissant espérer une présence humaine.
Devant cet écran vert, une multitude de taches blanches et grises s'agitaient. Des oiseaux de toutes tailles et de toutes sortes faisaient trembler l'air d'une vie qui semblaient absente par ailleurs. Cela jaillissait de la verdure, tournoyait dans l'espace, plongeait dans les eaux.
Maintenant que le bateau s'enfonçait dans la baie, le vacarme de cette foule ailée ahurissait ses passagers après le long silence du large.

Des falaises longées à bâbord, s'élancaient des goélands, volant en cercles avant de se laisser tomber comme des pierres dans la mer, dans un bouquet de gouttes d'eau brillant au soleil. Des macareux, aux curieux becs multicolores, se jetaient d'un air gauche, hors de leur nids creusés dans l'à pic des roches.
Tout autour des voyageurs, des cormorans nageaient l'air affairé, disparaissant de temps en temps sous l'eau. Quelques uns étaient perchés sur des rochers, étalant leurs ailes face au soleil, tels des orants invoquant leurs Dieux.
L'un d'eux tout prés du navire, et indifférent à celui-ci, livrait un combat féroce à ce qui pouvait être une grosse anguille, ou une petite murène. Le cormoran semblait avoir été trop ambitieux, mais il ne lâchait pas la bête des profondeurs. Celle-ci se défendait avec rage, s'enroulant autour du cou de l'oiseau,le tirant vers les fonds marins. Les éclaboussures de la lutte atteignaient les passagers du bateau fascinés par ce spectacle.
Après un dernier plongeon, et à l'étonnement de tous, l'oiseau réapparut avec une bonne moitié de sa pèche gobée, puis il réussit à avaler le reste, avant de s'éloigner lentement avec le calme du guerrier invincible.

 

SUITE....

 

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